Vous êtes-vous trouvé à la croisée des chemins ? Êtes-vous tiraillé entre les
méthodes de gestion de projet Agile et Waterfall ? Pris au dépourvu par les récentes
statistiques révélant une popularité des projets Agile trois fois supérieure à celle des
projets Waterfall ? Les premiers aboutissent par ailleurs trois fois plus souvent à une
réussite. Peut-on en déduire pour autant que la méthode Waterfall soit devenue
désuète ? Notre point de vue : cela dépend. À chaque situation sa solution propre.
Le mieux est d’adopter une approche équilibrée et de prendre en compte ce qui
importe vraiment.
Suivez le plan et découvrez comment opter pour la méthode la mieux adaptée au
développement de vos produits logiciels.

Un coup d’œil rapide sur les deux méthodes : Agile et Waterfall

La meilleure façon de savoir en quoi diffèrent Agile et Waterfall est de les comparer. Les deux méthodes ont leurs avantages et inconvénients. C’est en comprenant les techniques de développement que vous saurez quand opter pour l’une ou l’autre et comment mettre au point une stratégie mieux adaptée à votre projet.

Modèle Waterfall

Cette approche classique de développement logiciel tire son nom, par analogie, de sa représentation visuelle. Le processus s’articule en phases successives déployées en cascade, chacune menant à la suivante à la manière d’une chute d’eau. Chaque phase implique l’intervention de nouveaux exécutants (concepteurs, développeurs, responsables ) et comporte un « point de contrôle » consistant en une validation et une acceptation par le client ou l’analyste des activités.

Ci-dessous figure la procédure typique :

  1. Rédaction du cahier des charges (CDC) ;
  2. Conception ;
  3. Codage ;
  4. Tests du système ;
  5. Test d’acceptation par l’utilisateur (User acceptance testing ; UAT) ;
  6. Élimination des bugs et résolution des problèmes ;
  7. Release.

 

 

Développement de produit selon la méthode Agile

Il s’agit d’une approche plus récente et plus complexe de développement logiciel se déroulant en courtes itérations (sprints), chacune résultant en une fonctionnalité livrable (incrément).

Voici le schéma d’un cycle :

  1. Sprint zéro : idée générale, idéation, planification générale ;
    2.Sprints 1 à n : planification incrémentielle conception – application technique – démonstration des incréments potentiellement livrables – vérification ;
    3.Release.

 

Alors quels sont les facteurs à prendre en compte quand il s’agit de choisir entre les méthodes de gestion de projet Waterfall et Agile ?

Comparaison : différence entre Agile et Waterfall

Atouts

La méthode Waterfall, fondée sur le suivi d’un plan strict, plaira aux planificateurs nés, attachés à une documentation détaillée des processus, habitués à avoir une vue d’ensemble avant de se lancer dans le développement. Mais qu’en est-il du risque de rater un détail essentiel à un stade précoce et de voir le concept du produit évoluer ? Ainsi c’est la capacité à prendre en compte les changements qui rend la méthode Agile, axée sur la valeur, si tentante.

Tenez compte de la durée

Un projet géré selon la méthode Waterfall, dans le temps, peut sembler plus rapide, car il se déroule de façon linéaire selon des directives claires, tandis qu’un projet géré selon la méthode Agile tend à suivre une ligne courbe au gré des changements. C’est vrai dans une certaine mesure. Avec la méthode Agile, par contre, votre produit vous permettra de générer rapidement des revenus, même inachevé et doté d’une fonctionnalité minimale. Le délai de commercialisation est ainsi largement réduit. Qui plus est, le client bénéficie d’un rapport qualité-prix optimal, car le processus de développement est étroitement lié aux analyses de marché.

 

 

 

 

Tenez compte du budget

Les méthodes Waterfall et Agile s’appuient sur différents modèles de tarification. Si un budget doit être établi d’emblée sans modifications ultérieures possibles étant donné les longues procédures obligatoires pour l’attribution de fonds supplémentaires, optez pour la méthode Waterfall avec un contrat à prix forfaitaire. Si vous préférez la méthode Agile à la méthode Waterfall, votre estimation initiale du coût global sera vague, mais vous bénéficierez en bout de course d’un meilleur rapport qualité-prix.

Tenez compte de la complexité

Les projets plus complexes nécessitent une analyse initiale plus élaborée et s’accompagnent d’un risque accru de dérive des objectifs. La méthode Agile peut permettre de réduire considérablement les délais en éliminant d’emblée la planification minutieuse. Les livraisons échelonnées et l’intégration de petites corrections tout en avançant dans le projet vous permettront d’éviter ce risque majeur. Lorsque le contour du projet est clairement défini dès le début et n’est pas susceptible d’évoluer, la méthode Waterfall constitue un choix sûr.

 

Pour choisir la méthode adaptée, appuyez-vous sur la théorie de la complexité de Dave Snowden (également appelée « modèle Cynefin »). Ce dernier distingue quatre types de projets et les stratégies correspondantes afin de se lancer :

  • Complexe (partiellement répétable) – suivre les directives ;
  • Compliqué (répétable) – s’attacher aux meilleures pratiques ;
  • Chaotique (non répétable) – appliquer les principes ;
  • Évident/simple (répétable) – se conformer aux règles.

Seul le dernier type de projet se prête bien à la méthode Waterfall. Pour les autres, mieux vaut opter pour la méthode Agile.

Autrement, définissez le degré de complexité en adaptant la matrice de Stacey au développement logiciel. En d’autres termes, l’adoption d’une nouvelle technologie suppose forcément un temps d’apprentissage. L’évolution des spécifications ajoute de l’incertitude au calendrier de mise en œuvre. Par conséquent, tout projet peut être classé comme suit : simple, compliqué, complexe ou chaotique. Voir le schéma ci-dessous.

Tenez compte de votre rôle

Êtes-vous prêt à prendre une part active dans les prises de décision de façon quotidienne ? Si c’est le cas, vous pouvez assumer le rôle de responsable produit et opter pour la méthode Agile. La capacité à influer directement sur le développement à tout stade du projet jouera en faveur de la qualité. Voyez si vous êtes prêt à relever cette mission et à acquérir une nouvelle expérience pratique. La méthode Waterfall présente une dimension contradictoire plutôt que collaborative étant donné le risque de mauvaises interprétations du CDC.

Tenez compte du processus

L’atout majeur de la méthode Agile est l’efficacité – un minimum de gaspillage, un maximum d’interventions et de collaboration, des livraisons de valeur à un stade précoce, une assurance qualité régulière et une automatisation. En matière de fabrication, la méthode Waterfall est l’idéal, mais le développement logiciel relève d’une toute autre paire de manches.

Types de projets les mieux adaptés

Nous avons présenté une liste de types de projet se prêtant bien à la méthode Waterfall dans notre article sur un modèle de prix forfaitaire. Voyons dans quelle mesure les différents attributs d’un projet s’inscrivent dans les deux méthodes.

Pour conclure

Le choix d’une approche adaptée à votre projet est déterminant pour sa réussite. C’est en connaissant les tenants et aboutissants des deux méthodes que vous pourrez faire un choix éclairé – qu’il s’agisse de la méthode Agile ou Waterfall – et prévoir ainsi l’issue du projet.

Laquelle des méthodes se prête le mieux à votre projet ? Avez-vous trouvé cet article utile ? N’hésitez pas à nous envoyer un commentaire ou à nous appeler pour toute question.